

Pierre
Jean Duvivier.
= Août 2006 =
contact@pjduvivier.com
Chapitre I : 1932-1990 : la naissance du réseau

Malgré
tout l'ARPANET, contrairement aux idées reçues, n'était
pas à vocation directement militaire . Le but d'Arpanet était
de relier des ordinateurs distants entre eux avant tout et non
pas de résister à une attaque militaire
soviétique.
ARPANET ne fut pas la conséquence
directe des recherches militaires en la matière , il ne fut
que le résultat de travaux concomitants du domaine
universitaire classique et de certains laboratoires militaires privés
financés par l'US AIR FORCE . ARPA joue plus le rôle
d'un catalyseur que d'un initiateur.
La confusion vient de ce
qu'on peut appeler 'le pré-ARPANET'. La société
Rand Corporation recevait en effet, par exemple, des fonds dès
les années 50 pour réfléchir à un système
de transmission d'information pouvant continuer à fonctionner
malgré une attaque soviétique.

Le pre-Arpanet
était militaire
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L'année 1978 marque aussi la fin du projet français Cyclades1 à cause de l'hostilité de France Telecom.
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En 1972, Louis Pouzin 2 lance le projet CYCLADES qui avait pour but de créer un réseau global de télécommunications utilisant la commutation par paquets. Il fait le pari de la transmission par paquets de l'information c'est à dire de manière non ordonnée pendant le parcours . Ce n'est que l'acteur final qui reconstitue l'information. Cyclade sera arrêté au profit du projet Transpac du groupe France Telecom qui donnera naissance au minitel.Le protocole à la base de Transpac se révèlera peu performant au regard des protocoles utilisés par le réseau Arpanet . La France venait de rater Internet.
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Dans les années
80 , proliférent dans les universités américaines
des postes de travail individuels qui tournent sous UNIX et qui
permettent la communication en réseau.
La National Science Fondation américaine
installe cinq super ordinateurs à des fins de recherche et les
relie par un réseau à NSFNET. Puis des réseaux
régionaux sont mis en place et interconnectés à
ce même NSFNET. Ce réseau remplacera peu à peu
ARPANET que les militaires laissent au civil.
En 1990, le
CERN de Génève lance le World Wide Web (www) pour
permettre aux ordinateurs d'échanger rapidement des
informations textuelles, des images, du son. Le premier navigateur
naît, à savoir MOSAIC, mis au point à
l'université de l'Illinois (NCSA) par un groupe d'étudiants
dirigé par Marc Adreeseen , étudiant en maitrise. Il
est mis gratuitement à disposition des usagers du WWW en avril
1993. Le CERN continuera à être le lieu où on
définit les langages et les protocoles WWW : protocole
http, langage html...Le CERN est encore aujourd'hui un des
moteurs de la recherche sur Internet avec leur nouveau projet 'GRID'
sur lequel nous reviendrons plus tard.
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L'histoire du réseau soviétique et des liaisons Est-Ouest.
Quand on
racconte l'histoire de l'internet, on déroule généralement
la liste des dates clés occidentales. Comme nous l'avons
vu au début de ce chapitre, l'Union Soviétique
avait déployé aussi des réseaux
informatiques durant toute la guerre froide , réseaux
officiels mais aussi officieux. A la fin de l'année 1990 , avant la chute de l'Union Soviétique , au moment où le CERN lançait le World Wide Web, un petit Mac caché dans un bureau du « fonds international pour la survie et le développement de l'humanité » dans le centre de Moscou se connecta pour la premiére fois avec le réseau de l'Association pour les Communications Progressistes (APC) qui avait son siège au Etats-Unis.
Notons aussi l'initiative d'un jeune anarchiste américain qui créa dans les années 80 FIDONET qui resta confidentiel à l'ouest mais pénétra de manière sensible le web russe jusque dans les années 96-98, représentant un autre réseau 'privé' à but non commercial accessible dans l'URSS post- soviétique du début des années 90.
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Chapitre
II : 1990-1999 : l'ascension du nouveau media : une croissance
fulgurante sauf en France.

Au début des années 904, Internet n'est pas encore connu du grand public. Ce sont surtout les militaires et les universitaires qui ont une connaissance de cet outil et qui s'en servent. Internet n'est pas encore le phénomène de société du début du millénaire.
Pour preuve , en 1991, 48% du trafic mondial est dévolu à la recherche scientifique.
Encart:
Une rumeur
court que les troupes irakiennes pendant la première guerre du
golfe furent en grande partie commandées par
l'intermédiaire d'Internet au grand dam des américains
malgré la neutralisation des réseaux traditionnels de
commandement ; apparemment, le succès ne fut que partiel
pour les Irakiens.

De
1991 à 1993 ,l'utilisation commerciale d'internet passe à
29% du trafic mondial en connaissant en deux ans une hausse de prés
de 758%. La croissance du nombre connectée est quasiment
exponentielle entre 1991 et 1996. Cette croissance se fait sur des
lignes dite 'bas débit' ou RTC qui vont au maximum à 56
kb/s (7 ko/s) ou doublé pour le numéris en deux lignes
ce qui double cette vitesse. Notons que le RNIS est cher en France et
le restera jusqu'à nos jours.
Le tableau montre aussi
nettement que la France ne décolle pas pendant cette période
: la prix des accés RTC et la concurrence du minitel est en la
cause.
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Retour
sur l'épopée Minitel : un modèle économique
archaïque au service d'une bonne idée. Le nombre de terminaux installés a continué de progresser jusqu'à 6,5 millions d'unités en 1994 puis a ensuite amorcé son lent déclin. |


Le
prix des accés RTC était aux alentours de 75 francs
(11,43 euros) par mois pour un accès dit 'illimité'
c'est à dire que vous ne payiez alors que la communication
téléphonique en sus de l'abonnement au fournisseur
d'accès. Vous surfiez à l'époque à
environ 4 ko/s en moyenne (débit généralement
constaté).
Les autres pays européens s'en
sortent mieux , en particulier les pays scandinaves comme le Danemark
où 33% des foyers contre 6% en France ont déjà
un accès à Internet à la même époque
Chapitre III : La fin de l'illimité, le
haut débit et le P2P

Les années 2000-2006 vont être
marquées par l'explosion du haut débit en France qui va
propulser le pays dans les premiers pays européens numériques,
l'apparition du phénoméne P2P et la volonté de
prise de contrôle par l'appareil politique de l'internet
francophone.
III.1 : les illimités RTC se prennent
les pieds dans le tapis.
Avant l'explosion du haut débit,
plusieurs F.A.I vont tenter de proposer des accès via la ligne
téléphonique complètement illimités
contre le seul paiement d'un forfait mensuel.
Le premier va
être ONETEL5
en mai 2000 mais il fermera ce service le 16
novembre 2000.6
Le
second sera World
On Line7
toujours dans l'année 2000 mais qui fermera tout aussi
rapidement non sans avoir, chose rare, remboursé ses clients.
Et enfin le plus fameux
sera en 2001 AOL8
qui sort son illimité en grande pompe pour sombrer
d'abord dans le ridicule en coupant les internautes toutes les 30
minutes, prendre une volée de procès lancés par
des internautes et enfin terminer sa course pour publicité
trompeuse 9contre
l'UFC que choisir.
Dés la fin 2001, les tentatives de lancer
une offre illimitée bas débit se voient donc condamner,
surtout qu'au même moment le haut débit libéré
de France Telecom commence à apparaître.
Notons
que l'échec du forfait illimité est largement dû
encore à France Telecom qui prélève de toute
manière une dîme pour chaque minute consommée.
III.2 : Le haut débit explose.
France Telecom va perdre son
monopole de fait et va être obligé de louer à
d'autres opérateurs ses fameux tuyaux , ce qui va
marquer le début de l'explosion du haut débit en
stimulant la concurrence et en faisant chuter les prix. En 2006,
l'Internet haut débit peut ne coûter que quelques
dizaines d'euros (10-20 euros). C'est le fameux dégroupage
10
En
2005, 1 français sur deux est internaute , prés de 24
millions de Français âgés de 11 ans et plus sont
des internautes. L'année 2004 a connu une progression de 94%
du nombre d'internautes.
Les abonnés haut
débit dépassent les abonnés bas débit dès
fin 2004 , ce qui fait dire à certains que la France est
entrée de pleins pieds dans l'ère numérique.
III.3 : le phénoméne P2P apparaît.
Le
haut débit aidant l'utilisation des clients dits 'P2P' tel que
Emule , un des plus célébres , permet de partager et
d'échanger des fichiers de manière aisée sur le
réseau. Cette utilisation explose de 2000 à 2006 et
fait dire aux industriels du disque et du cinéma qu'une partie
de leurs problémes de vente provient bien de là. Ces
industriels, regroupés en lobbies, vont largement
influencer le débat politique autour d'un internet . Ils
peuvent représenter un 'lobby anti internet' qui entend
asservir le réseau à leurs intérêts
économiques immédiats.
La Lobby qu'ils
constituent va amener à sensibiliser les politiques à
cette problématique et va entraîner la production d'une
série de lois qui auront pour vocation d'enfermer les
internautes dans une vision strictement marchande de l'internet . La
LSI puis la LCEN et enfin la DADVSI – transposition d'une
directive européenne – viendront achever le travail de
sape des lobbies 'anti internet' qui ne peuvent pas comprendre
internet autrement que comme un supermarché servant leurs
interêts.
|
Encadré 1 - Internet comment ça fonctionne ? Vos
fournisseurs d'accès à internet (FAI ou ISP) vous
donnent accès à un Internet Exchange Point (IXP) qui
vous permet de sortir en fait sur le réseau mondial. Ces
IXP sont en nombre limité et ils permettent les échanges
entre fournisseurs d'accès. Par exemple il n'y aurait
actuellement qu'une dizaine
de points de ce type en France.11
Ces échanges entre fournisseurs d'accès via des IXP
sont connus sous le terme 'peering'.
De plus, une autre fragilité
du réseau provient du fait qu'internet est une
affaire américaine car les associations ou fondations
qui la gèrent le sont toutes.
La gestion de ces
noms de domaines est donc un élément stratégique
qui a son importance. Les DNS datent de l'époque d'ARPANET
et le besoin de centralisation est évident dans le sens où
ce nom de domaine doit être unique. |
III.4 : les premiéres
associations internautes apparaissent.
Parallèlement
à l'explosion du nombre d'internautes, il y a aussi une
explosion du mécontentement de ces mêmes internautes
devant les aléas technico-commerciaux de leurs fournisseurs
d'accès. Ll'ADIM
se crée en octobre 98 pour protester contre les
dysfonctionnements de Wanadoo. L'ADIM lancera une des premières
actions sur la toile le 18 décembre 1998 avec une grève
de l'internet.
L'association laissera par contre passer les
revendications autour de Cybercable – câble opérateur
parisien – ce qui amènera à la création,
de fait, de Luccas, une association regroupant les abonnés
parisiens de ce câblo-opérateur. L'association défendra
bon nombre d'abonnés par un travail en commission sérieux
mais échouera sur sa politique de communication et surtout sur
son procès contre ONETEL ,un des premiers illimités,
pour une simple affaire de faute de procédure.
L'association disparaîtra
complètement en 2004 aprés l'accession de son président
au Forum des Droits de L'internet (Benoit Tabaka) malgré une
tentative de création d'une autre association : Vivrelenet. (
Le Forum
des Droits de l'Internet 12est
une para association gouvernementale où des représentants
divers et variés viennent pondre des notes que personne ne
lit. Dotée d'un budget de 1.500.000 euros, l'association
dépense 10% de son budget pour le seul salaire de sa
présidente )
ADSL-France se crée en 99 pour défendre les abonnés mécontents des services du début de l'ADSL façon France Telecom : c'était très lent et au prix du haut débit....L'association se rendra utile en particulier en produisant des outils tels que le BIDEX 13qui recensait de manière informelle les problèmes réseaux rencontrés par les abonnés ADSL.
Luccas se crée en février 99
et sera la seule association née de l'internet qui réussira
à gagner un procès contre un F.A.I à savoir NOOS
, ancien cybercâble . La vie de l'association sera
marquée par de multiples aléas et coups d'état
internes successifs jusqu'au procès gagné contre NOOS
qui marquera en fait la fin médiatique de l'association qui
semblait vivre uniquement pour ce dénouement. Depuis 2004,
Luccas semble en vieille et est aux prises à des luttes
internes pour récupérer le pactole des 15.000 euros
issus du procès contre NOOS.
En Mai 2001, la LPIC
est créée . Elle défendra les abonnés
NC/AOL puis disparaitra elle aussi aux alentours de 2004 ; elle
verra en effet le départ d'AOL du câble en France non
sans avoir participé à sa manière à la
charge contre l'opérateur . Le succès commercial
de la solution AOL ne sera jamais au rendez vous sur le câble.
En Mai 2002, les associations ADSL-France, Luccas et LPIC accompagnées de deux associations liées aux cables Wanadoo (PIAF et CCWBDX) se lancent dans la création d'une nouvelle entité : la ligue ODEBI.14
Elle se voudra avant tout
politique15
et perdure aujourd'hui en 2006. On la verra en particulier lutter
contre les nouvelles lois , LCEN
16et
DADVSI17
en particulier.
En 2004, plusieurs membres dont Aziz Ridouan
quittent la Ligue ODEBI pour fonder Audionautes qui connaitra une
médiatisation importante pendant les débats autour du
téléchargement sur internet.
En 2006, le web citoyen est actif et pluriel car le débat sur la DADVSI a éveillé chez bon d'internautes le désir réel de construire une nouvelle donne citoyenne autour d'internet. Le nombre de sites contestataires, de blogs ou encore de lieux de réflexion sur Internet témoigne d'une vitalité sans précédent dans l 'histoire politique française.
Les associations se multiplient et un 'parti
pirate' se crée même le jour de la fête de la
musique à savoir le 21 juin 2006. Reprenant un programme que
certains qualifient d'extrémiste (abolition du droit d'auteur
en particulier), il compte jouer son rôle lors des élections
en 2007 en France.
III.5 : la bulle internet se crée et éclate, les
politiques s'éveillent (mal) à internet
Durant le même laps
de temps entre la fin des années 90 et le début des
années 2000, Internet voit arriver un nouveau genre
d'entrepreneur : jeunes et la tête pleine d'idées, ils
vont croire au nouvel eldorado laissant les banques jouer d'un
optimisme béat face à un marché qui n'est pas
encore mur. Cela sera la fameuse 'bulle internet' qui durera un temps
basant son modèle économique sur la vente de publicité
sur des espaces par encore appréciés par les
annonceurs. La progression fantastique de la nouvelle économie
aura comme corrollaire sa fin rapide aussi sur un laps de temps de
2/3 ans.
Actuellement les esprits se sont apaisés et
les bases d'une économie saine (rapport entre une offre et une
demande cernée) semblent être présentes pour une
progression de cette nouvelle économie.
Les années 2000
voient aussi l'arrivée des politiques sur la toile : les
tentatives de législations françaises sur Internet vont
tout être developpées selon un seul et unique angle :
celui de vouloir transposer à tout prix les valeurs de la
société physique dans la société
numérique en niant les spécificités du media ou
en les oubliant.
Pire, internet est perçu avant tout
comme un danger pour le pouvoir : une menace asymétrique..un
véritable nid à anarchiste ou terroristes potentiels
qui doit à tout prix être maitrisé.
Pour
preuve les trois lois qui viendront légiférér
sur Internet sont : la LSI (la loi sur la société de
l'information) de 2001 qui resta au stade de projet de loi, la LCEN
votée en 2004 et la DADVSI votée en 2006.
La LSI marqua la premiére charge contre Internet.
Cette loi, issue du
gouvernement socialiste de l'époque, insistait sur le fait que
la liberté d'expression était garantie sur Internet
sous l'autorité d'un comité de censure qui aurait alors
été le CSA. Citons le projet de loi :
Le CSA
« garantit l'exercice de cette liberté dans les
conditions définies par la présente loi [...]. Il
peut adresser aux éditeurs et distributeurs de services de
communication audiovisuelle des recommandations relatives au respect
des principes énoncés dans la présente loi ».
De
plus la LSI criminalise l'utilisation de la cryptologie au dessus
d'un certain chiffrage et interdit donc de fait le respect d'une vie
privée qui est théoriquement garantie dans le monde
'physique'.
Cette LSI restera lettre morte mais 3 ans plus
tard, le gouvernement cette fois ci de droite, présenta la
LCEN qui rendit responsable les intermediaires techniques des propos
tenus par des tiers et la DADVSI qui affirma la victoire des lobbys
de l'industrie du cinema et confirma la main mise des lobbys 'anti
internet' sur les politiques autour d'internet.
III.6 : les premiéres menaces graves sur Internet se dessinent.
En 2006, les députés américains décident de donner la possibilité aux opérateurs télécoms de facturer leurs accès aux réseaux différemment , en fonction des relations contractuelles qui les lieront avec tel ou tel client. En d'autres termes, cela veut dire que si vous ne payez pas, vos informations ne pourront pas transiter de la même façon que pour les gros opérateurs. Cette remise en cause fondamentale de la neutralité du réseau qui implique que chaque acteur participe complètement à la circulation de l'information de tous les autres acteurs , même s'ils n'ont pas de relations contractuelles , est une brèche importante dans la spécificité d'internet et nous place dans une perspective strictement marchande où les plus gros contrôleront les tuyaux tout en refusant de laisser transiter une information non payée ou faiblement payée.
En France, la même année les DRMs rentrent en force dans la loi avec la DADVSI . Le droit de lire ou d‘écouter une oeuvre n'est plus reconnue comme celui d'en faire une copie personnelle. Les DRMs se voient accorder une carte blanche par les législateurs . Les industriels pourront faire ce qu'ils veulent , comme ils veulent , et tout comportement visant à ne pas accepter cette dictature technique sera sévèrement puni (jusqu'à 3 ans de prison).
Plus généralement en France , on voit se dessiner une porosité de plus en plus évidente entre les sphères décisionnelles (gouvernement, députés) et les grands lobbies anglo-saxons du cadenassage (Microsoft, ..) qui vont jusqu'à pénétrer les écoles maternelles françaises pour habituer leurs enfants dès l'âge de 3 ans aux produits qu'ils vendent sous le prétexte de la protection de l'enfance.18
Chapitre IV :Quelle conclusion tirer de l'histoire récente d'internet ?

Nous
savons dans ce chapitre qu'internet est né d'une volonté
manifeste de permettre un échange d'informations libre et sans
contraintes . Les recherches militaires US ont en effet peu ou prou
financé des projets qui avaient avant tout une vocation
scientifique largement désinteressée des enjeux
politiques . Internet est avant tout né de la volonté
des universités américaines de mettre au point une
interconnection la plus efficace possible entre leurs systémes
informatiques à des fins pédagogiques principalement :
tout l'esprit à la fois technique et philosophique d'internet
est là.
La premiére partie de mon exposé le montre clairement . A aucun moment les scientifiques ne se sont interessés aux débouchés commerciaux de leurs découvertes , produisant ainsi un terreau favorable à toutes les initiatives.
Cette pensée 'non uniquement économique' aboutit à l'internet que nous connaissons aujourd'hui alors que les projets qui pariaient sur le seul aspect marchand ont échoué (comme le minitel en France) ou n'ont pas résisté à la vague Internet.
Le modèle de base de l'internet est donc bien une mise à disposition la plus large possible des informations qui y sont au moindre coût pour l'utilisateur final . Le concept de gratuité des accès ou de la consultation des données paraît donc bien être un des éléments qui a permis son développement.
L'internet payant et commercial est donc bien un
produit de seconde génération du développement
d'internet et une transposition spontanée des valeurs du monde
physique dans le monde numérique. C’'est un
développement d'aubaine important mais qui n'a pas participé
au dévéloppement strict des technologies qui en
sont le support.
Au contraire , les poids lourds du monde
commercial, comme Microsoft par exemple, semblent avoir une approche
prédatrice visant à enfermer les technologies
dans des verrous (DRM, Brevets logiciels) qui sont tous des
privatisations partielles de certaines des technologies qui
pourraient être les supports futurs de ces transferts
d'informations.
La technologie
réseau qui sous-tend internet doit donc à priori rester
imperméable aux concepts marchands pour assurer pleinement sa
mission , celle d'un transfert d'informations, sans se soucier de la
qualité des émetteurs et des récepteurs de ces
informations.
Certains parlent de la neutralité du
réseau comme d'un gage nécessaire à son
développement et à sa pérennité ;
la jeune histoire du web semble largement donner raison à
ses supporters.
L'histoire d'internet montre aussi la nocivité
des monopoles technologiques dans le développement d'un
systéme d'information partagé par le plus grand nombre
. France Telecom en France a été un des freins majeurs
au développement de la société de l'information
tant qu'elle était créditée d'une situation de
monopole garantie par l'Etat. La nécessaire compétition
est donc aussi un des éléments dynamiques majeurs
d'internet.
Au final , pour continuer à se développer
, Internet doit avoir une garantie sur l'existence de 3 de ses
composantes : la gratuité du transport des informations,
l'ouverture des protocoles qui la permettent et un systéme
qui permet une compétition transparente entre les différents
acteurs..
Chapitre
V : les différents modéles de neutralité du
réseau .

La
conclusion du chapitre précédent était la
nécessaire neutralité du réseau. De quoi
parle-t-on quand on parle de 'neutralité' du réseau
?
En fait , il existe plusieurs définitions de la
neutralité du réseau.
V.1 : Le modèle
'tout libéral' de la neutralité.
Le centre
Annenberg
19par
exemple qui milite pour cette neutralité développe
une lecture libérale du modèle internet : le marché
doit en être le régulateur.
Pour Annenberg, les
principes pour une neutralité du réseau répose
sur 5 fondements :
1 – Les opérateurs et les
consommateurs doivent être gagnants : il est important
d'encourager les fournisseurs d'infrastructures (F.A.I par exemple) à
tirer un profit de leurs investissements tout en veillant à ce
que les consommateurs aient un accès sans contraintes à
tout le web mondial.
2 - L'Etat ne doit intervenir que
sur les règles du marché en ne légiférant
QUE sur les principes généraux de la concurrence et en
laissant les détails techniques aux opérateurs.
3
- Les fournissseurs d'accès doivent permettre un accès
basique à Internet , même s’ils sont libres des
prix et des performances associés à ce véritable
service minimum.
4 – La transparence : les consommateurs
doivent avoir une information claire sur les conditions de vente et
d'utilisation des services et un accès aux informations qu'ils
communiquent aux fournisseurs d'accès.
5 – L'Etat
doit encourager la compétition entre opérateurs et
l'innovation technologique.
Nous voyons que la grille de compréhension de
la neutralité du réseau selon le centre Annenberg est
une grille qui rappelle à bien des égards 'la main
invisible' du marché qui était cher à Adam
Smith.
De plus les points 3 et 4 sont contradictoires avec le
point 2 car , à aucun moment , Annenberg ne prévoit les
mécanismes qui permettraient que les principes 3 et 4 soient
effectivement mis en place si l es F.A.I s'y refusent . La place
d'un Etat absent se heurte à celle de déclarations
d'intentions qui n'engagent que les bons sentiments de quelques
décideurs économiques . Nous sommes conscients que
les bons sentiments ne sont pas un élément suffisant
pour baser une politique, aussi généreuse soit-t-elle.
Nous voyons que cette question est d'ailleurs au
centre du débat sur le neutralité du réseau :
la transformation d'un marché dirigé par
l'innovation en un marché dirigé par le fait de passer
un accord avec tel ou tel acteur.
Qui fera quoi si un
fournisseur d'accès majeur passe un accord d'exclusivité
avec un des plus gros fournisseurs de bande passante mondial , lésant
de fait l'ensemble des autres internautes qui devront se contenter
des miettes laissées par les clients des premiers ?
Le
modèle laissant totalement libres les acteurs du marché
est donc voué à l’ échec car ils
auront nécessairement tendance à chercher à
construire des monopoles technologiques pour s'assurer des rentes
plutôt qu'à continuer à innover. C’'est
exactement le raisonnement des industriels du cinéma qui
préférent condamner des outils tels que les réseaux
P2P plutôt qu'investir dans la recherche pour en tirer profit.
Le gain à court terme commande plus les acteurs privés
que les acteurs de recherche ou publics. Le problème est que
les seconds – les acteurs publics – sont de plus en plus
dépendants des premiers , en particulier le personnel
politique qui devrait être le garant des objectifs de la
collectivité à moyen et long terme
V.2 : un collectif pour le statut quo.
Un
collectif 20s'est
d'ailleurs rassemblé aux Etats-Unis pour définir une
autre neutralité du réseau en réponse à
une proposition de loi qui mettrait fin à la neutralité
du réseau en permettant aux opérateurs télécoms
de procéder à une discrimination entre les
internautes ; ils pourraient en effet décidé
de laisser plus ou moins de bande passante à leurs différents
contractants sur la base du 'celui qui paye le plus a plus'.
L'initiative
est intéressante 21mais
ce collectif laisse entendre que l'internet actuel est
neutre et il est donc pour le statut quo. Il est en fait contre toute
idée de modification des conditions actuelles d'exercice
d'internet. A aucun moment au sein du site, nous voyons apparaître
des propositions nouvelles qui garantiraient cette
neutralité.
Notons que cette deuxiéme initiative
est aussi américaine et nul doute qu'elle a du mal à
comprendre en quoi Internet est avant tout maintenant une histoire
anglo-saxonne , ce qui est intrinsèquement une absence de
neutralité.
V.3 : Le débat sur
la neutralité confisqué par des interêts
particuliers.
Le
débat sur le neutralité du réseau 22oppose
en fait des entreprises américaines à d'autres
entreprises américaines. Il y a d'un côté les
producteurs de contenus à savoir Google, Ebay, Yahoo,
Microsoft et Amazon et de l’autre les techniciens du transport
de l'information : AT&T, Verizon, Quest.....Le statut quo
profite évidemment aux gros fournisseurs de contenus qui ,
sans contrôler les infrastructures du web, en profitent
largement à moindre coût. AT&T et Verizon possédent,
eux, les clés du réseau mais n'ont pas en quelque sorte
les portes qui leur permettent de les faire fructifier.
Le débat sur la neutralité à
la sauce américaine n'est pas un débat philosophique
mais un débat de gros sous entre ceux qui ont le pouvoir
maintenant et ceux qui aimeraient l'avoir plus tard. Il faut donc
sortir de ce débat américano-américain en
proposant autre chose car on voit bien que les bases sont biaisées
par un discours strictement commercial.
V.4 : vers une définition plus cohérente de la neutralité du réseau.
En 2005, un rapport
intéressant est rendu, le rapport Vox
Internet23
Attardons
-nous sur les conclusions de ce rapport , en particulier sur la
définition du cadre pouvant réguler ou aider à
réguler cette fameuse neutralité. Le rapport conclut
qu'il est difficile de trouver actuellement une cohérence
entre les différents organismes internationaux (UIT, OMPI,
OCDE,UNESCO) et les fonctions exercées de facto par des
organes techniques de coordination tels que l'ICANN, l'IETF ou le
W3C. Le rapport met aussi en avant l'écart entre le
fonctionnement de structures fondées dans les années 80
et les habitudes des internautes qui bousculent continuellement des
cadres qui semblent déjà dépassés. Le
rapport conclut donc sur la nécessaire invention d'un nouveau
modèle de gouvernance qui sortirait des bases posées
par les années 80 :
« La notion de gouvernance de
l’internet en appelle ainsi au soutien de la diversité
et au renforcement d’une concurrence légitime, à
la mise en avant de nouveaux instruments de délibération
politique, bref, à une conception renouvelée du vieux
couple de la technique et du social dans l’espace public. »
VoxInternet avance une piste sans apporter bien sûr de réponse tant le sujet paraît complexe et que VoxInternet se dit sur la voie de l'expérimentation.
V.5 : la neutralité veut-t-elle dire scission du
réseau ?
La
question de la scission du réseau peut se poser. Il paraît
en effet compliqué que le réseau actuel voit continuer
à cohabiter un commercial de plus en plus agressif et un
réseau 'libre' et 'désintéressé'.
Les
grandes entreprises garantes actuellement de la stabilité du
réseau seront de plus en plus tentées de créer
des réseaux privés accessibles à des clients
choisis , des internet bis qui existent déjà mais qui
prendront de l'ampleur.
La démocratisation de l'accès au
réseau et la permanence d'une certaine forme de gratuité
pourra donc voir réapparaitre des réseaux privés
complètement commerciaux. AOL a d'ailleurs toujours basé
son modèle économique sur un réseau privé
d'internautes auxquels il fournit un service comme l'accès au
réseau internet mondialisé , cette passerelle n'étant
qu'un service supplémentaire à d'autres offres de
services.
Si on n'y prend pas gare, cela ne sera pas une
scission mais une invasion .En effet , toute la stratégie
actuelle des grandes entités commerciales tend à
favoriser leurs objectifs commerciaux, ce qui est logique. Au
lieu de tenter de résister à une propension toute
humaine qui de toute maniére répond aussi à un
besoin, il conviendrait donc de créer un nouveau réseau
porté par de nouvelles bases en jouant dans la logique du
réseau qui n'aime guère au final la résistance
aux technologies.
Le débat actuel semblerait donc être
plus intelligent à poser en de nouveaux termes qui va vers la
création d'une nouvelle entité plutôt que de
vouloir résister à la transformation du réseau
mondial actuel.
Chapitre VI : Les nouveaux réseaux existent déjà : le concept 'de grille' supplantera peut etre celui de 'toile'.

Des
exemples de ces nouveaux réseaux existent déjà
à Freenet par exemple ou encore le projet du CERN
– GRID- ,qui utilise chacun des principes similaires.
VI.1
: GRID ou le réseau du futur.
Le CERN avait déjà
crée en 1989 avec Tim Berners-Lee un systéme
d'information décentralisé basé sur l'hypertexte
lançant en faite le web dans son ère grand public en le
rendant accessible à tout le monde.
Le DataGRID est un
projet financé par l'Union Européenne visant à
fournir un large accès en puissance et stockage aux
équipements informatiques de différents établissements.
Le terme de 'GRID' désigne une grille ou encore un acronyme
francophone : 'Globalisation des Ressources Informatiques et des
Données'. L'illustration de GRID est aisée si on pense
au projet SETI@Home
qui depuis 1999 distribue les signaux captés par les
radio-télescopes d'Arecibo sur près de 3,5 millions de
PC. Ceci permet d'utiliser la puissance de calcul de ces postes sans
en affecter notablement les performances pour leurs utilisations
particulières.
Le GRID prend chaque PC comme une excroissance d'une
même entité qui est ce même GRID c'est à
dire l'ensemble des Pcs connectés. GRID permet donc de pousser
le raisonnement à l'oeuvre sur Internet à son paroxysme
. Chaque Pcs deviendra le réseau échappant de fait à
des contraintes liées à la présence de serveurs
physiques fixes.
Les recherches autour du GRID tournent
d'ailleurs autour de l'exploitation des technologies peer to peer
(P2P) pour le partage de charge, l'algorithmique ou la programmation
paralléle.
L'idée sousjacente est de créer
des métacorps où chaque noeud est un PC qui est utile
sans être indispensable au fonctionnement du réseau.
Evidemment , une des conséquences possibles de ce fonctionnement en grappe pourrait être la création et la mise en place de gros serveurs commerciaux qui finiraient peu ou pou par jouer le rôle des serveurs de l'internet classique en donnant le ‘la' aux performances de ce réseau GRID.
L'autre aspect bénéfique du projet
GRID est de rétablir la notion de confiance comme base
nécessaire d'un réseau responsable au moment où
la protection informatique sur la toile classique est devenu un enjeu
économique majeur.
La participation à GRID doit
en effet s'accompagner d'une ouverture partielle de son PC à
des inconnus. C'est pour cela qu'une partie des recherches menées
actuellement va vers la construction de couches logicielles –
les projets n'ont pas encore abouti – répondant aux
besoins symbolisés par les 3 A : accès,
authentification et autorisation , ce qui permettra de définir
qui a accès , à quoi et comment.
Au delà
d'une communication plus puissante, GRID a pour vocation première
de fournir une puissance de calcul – scientifique –
énorme à tous ceux qui y participeront.
Certains
y voit déjà 'une ressource primaire' au même
titre que l'eau ou le pétrole dans les années qui
viennent avec un nouveau enjeu géostratégique
concernant le contrôle de cette puissance de calcul.
Le
projet GRID est actuellement soutenu par beaucoup de bonnes volontés
autant dans le monde privé que public ; reste à savoir
si sa philosophie perdurera et arrivera à triompher des
obstacles politiques et économiques qui se présenteront.
Les premiers essais grandeur nature du GRID
devraient avoir lieu en 2007 lorsque le nouveau collisionneur de
particules LHC entrera en fonction.Pour l'instant, on ne parle pas
d'accès aux particuliers ni même aux entreprises même
si certaines créent leurs propres grilles.
De plus, là
encore le GRID est un programme scientifique qui n’ a pour
l'instant qu'une seule vocation relativement utilitaire : celle
d'augmenter la puissance de calcul des scientifiques.
Rien ne
dit que le GRID est soutenu aussi pour ses futures applications à
des domaines plus politiques concernant en particulier la
libre-circulation de l'information. Vouloir voir le GRID comme un
nouveau réseau avec un contrat social renouvelé et
novateur n'est donc que pure supposition.
VI.2 : Freenet ou la grille (trop) absolue.
Le
projet Freenet
24se
base sur un modèle identique à celui du GRID du CERN à
savoir une grille.Il a pour vocation non pas le calcul scientifique
mais de permettre une circulation d'information libre car totalement
décentralisée et cryptée.
Il place la
libre circulation de l'information au dessus de toute autre
contrainte morale et s'oppose de fait à toute propriété
intellectuelle sur un composant logique ou matériel
Cette
philosophie est soutenue par un groupe
de programmeurs 25qui
laisse à disposition du public un client Freenet qui leur
permet de se connecter à se réseau où chaque
ordinateur participe à la circulation de l'information.
Le projet Freenet pourrait être en fait
l'incarnation d'un réseau débarassé des
contraintes actuelles mais ne se pose pas la question d'une
autorégulation qu'il refuse.
La FAQ de Freenet met clairement en avant le fait que Freenet ne se régule pas . Il vit tout seul dans une forme de liberté absolue qui peut s'apparenter par certains aspects à une jungle où les plus malins finiraient quand même par mettre sous coupe réglée les plus fragiles . Rien ne garantit qu'un programmeur ne viendra pas modifier le client originel pour créer un client susceptible de phagocyter d'autres noeuds...
En cela , Freenet ne propose pas un contrat social nouveau mais un simple boulevard technologique ; ce dernier aspect et son manque de 'corpus social' ne lui permettent pas réellement d'être considéré comme un réseau alternatif.
Freenet propose en effet
une technocratie basée sur la domination de ceux qui possèdent
la technologie, sans regard sur les buts de cette technologie.
D'un outil, la technologie devient une fin en soi . Ce modèle
n'est pas plus acceptable qu'une dictature du marché ou qu'une
dictature de classes car la technologie ne doit pas être une
fin en soi mais un moyen au service de l’intérêt
de l'humanité contrôlée par elle.
Chapitre VII : Le micro état comme base politique d'un réseau libéré.

Nous avons vu dans le chapitre précédent qu'il existait une base technique au développement d'un nouveau réseau où les moyens techniques centralisateurs ne sont pas (trop) prenants. Nous avons aussi vu que ces réseaux n'ont qu'une vocation scientifique - le GRID- ou technologique – Freenet- mais ne prennent pas support sur des institutions ou organes visant à assurer une co-régulation de ce même réseau sur des bases dites démocratiques car cela n'est pas leur vocation première (le GRID) ou tout simplement opposé à leur philosophie 'technique' (Freenet).
Il existe sur internet des expériences politiques ou civiques qui ne reposent pas sur des réseaux privés mais sur la toile mondiale ; la création des micro-états ou encore états virtuels participe à cette utopie. Nous allons nous pencher sur quelques expériences pour voir si nous pouvons en tirer quelques inspirations pour la suite de cet essai. Nous arrivons en effet peu à peu à l'idée qu'il faudrait construire un nouvel ordre social sur internet. Les micro- états répondent peut être à ce désir.
Les micro- nations sont à classer en
quatre grandes catégories :
1. Les simulations politiques, sociales et économiques : les mondes virtuels ludiques
2.
Les entités créées pour des raisons strictement
économiques ou frauduleuses
3.
Les anomalies historiques ou les aspirations nationales anciennes
4.
Les projets de nouveaux pays.
VII.1 : Les micro-états ludiques
Les micro-nations virtuelles ou ludiques sont
d'un autre genre , elles créent au sein d'internet un
espace où elles se déclarent indépendantes des
contingences extérieures à la toile et simulent un
fonctionnement politique qui peut être interessant à
étudier.
Outre certains sites
humoristiques tels que la présidictature
de dronesie orientale26,
il existe des cercles plus aboutis tel que la Scanténoisie-Helvetia
27
qui font parti de ce qu'on pourrait appeler un 'jeu de rôle
politique'. Certaines de ces communautés sont regroupées
au sein de l'alliance. Internet n'est qu'un prétexte au jeu et
permet de 'jouer' à la politique de manière facilitée
grâce à cette technologie . Ce n’'est qu'un moyen
pour ces micro- états ludiques et non entité integrée
en tant que telle à leur fonctionnement.
Beaucoup de
ces Etats Ludiques en France ne possèdent pas d'ailleurs de
site web plus poussés que des sites persos où des
délires politiques souvent agréables à lire
s'expriment.
Ces micro états sont, comme leurs
noms l'indiquent, avant tout des jeux à rapprocher des
jeux massivement online où des mondes persistants se mettent
en place.
VII.1.2
: Les micro-états à but économique.
En
Mer du Nord existe une particularité géographique :
Sealand28.
C'est en fait une ancienne plateforme militaire laissée à
l'abandon dans les eaux internationales au large de l'Angleterre. Un
ancien major de l'armée britannique en profita en 1967 pour
l'investir puis pour en déclarer l'indépendance en
frappant monnaie, passeport….. en se dotant unilatéralement
des attributs classiques d'un Etat souverain.
Sealand est une
monarchie auto-proclamée sans véritable habitant autre
que des serveurs internet même s'il vous est possible de
devenir Baron ou Lord de ce nouvel état moyennant finance.29
En fait , ce mini- état vit principalement de son activité d'hébergeur internet qui garantit, selon ses dires, un anonymat des plus total du moment que vous ne faites pas de spam ni de pédophilie. Sealand est donc avant tout une activité commerciale avec comme seule finalité de faire de l'argent. En cela, l'exemple 'sealandais' est à rapprocher des multiples paradis fiscaux , pays qui garantissent un respect absolu de la vie privée comme le Luxembourg ou la Suisse.
Je dirai même que vos serveurs seront certainement plus en sécurité en Suisse qu'à Sealand qui ne possède véritablement pas les moyens légaux ou militaires pour défendre 'votre propriété'. Il faut donc plus voir l'Etat sealandais comme un moyen marketing comme un autre d'attirer le client à lui . Il n'y a pas grand chose à en dire de plus.
VII.1.3 : Quelques exemples de micro-Etat crées.
Le
concept de micro-nation naît avec le développement du
concept de nation au cours du 19ème siècle. Pour
beaucoup ces micro- nations furent fondées par des aventuriers
ou encore des entrepreneurs en mal de sensations fortes, d'égo
ou des deux.
Nous pouvons citer comme exemple réussi
les iles
Cocos 30ou
Sarawak.31
Des micro- nations réussirent
à durer un peu au 19ème siécle comme la Long
Republic (1819-1820)32,
le royaume
d'Araucania et de Patagonie 33de
1860 à 1862 fondé par un aventurier français du
nom de Orelie-Antoine de Tounes au Chili ou le
royaume de Sedang (1888-1890)34
en Indochine française.
Le 20 ème siecle
vit aussi des exemples de micro- nations comme la République
de la Rose 35au
large de l'italie qui connut un triste sort ; en effet, la
marine italienne la détruisit car l'Etat italien voyait l'ile
comme un nid de touristes défiscalisés.
Notons
aussi d'autres tentatives comme celle de Leicester Hemingway, frére
d'Ernest, qui voulut créer 'la nouvelle Altantis' ;
l'ile exista bien au large de la Jamaique à la fin des
années 60 mais fut dévastée par les ouragans et
pillée par des pêcheurs mexicains. Il
reconstruisit une autre île mais le projet ne put jamais
réellement se stabiliser.
Dans le Pacifique, la
République de Minerva36
vit le jour en 1972 sur un atoll artificiel mais fut rapidement
annexée par son voisin des îles Tonga ; la souveraineté
de l'île est toujours le sujet d'âpres discussions entre
les Fidjis et les Tongas alors qu'un groupe d'américains,
fondateurs de l'ile, milite
toujours pour l'indépendance
37de
cet atoll.
Notons qu'au cours de l'histoire, plusieurs villes
actuellement integrées à des pays européens
furent des micro-états libres comme Trieste
38en
Italie pendant 7 ans de 1947 à 1954, le Moresnet
39coincé
aux confins du Bénélux de 1816 à 1919 ou encore
la ville de Carthagéne en Espagne qui se déclara
indépendante pendant la première République
espagnole en 1873.
Notons que la plupart de ces projets de
nouveaux pays reprennent des structures politiques existantes , le
plus souvent monarchiques , pour asseoir une autorité
généralement assez autocratique. Elles sont donc pour
la plupart issues des délires mégalomaniaques de
certains aventuriers et peu porteuses d'une utopie solidaire.
VII.1.4 : Des micro-Etats qui existent encore...
Actuellement il reste 9 micro états qui fonctionnent comme
de véritables Etats doté des attributs régaliens
classiques : Andorre, Liechtenstein, Monaco, Naura, Palaos, Saint
Marin, Saint Kittis et Nevis, Tuvalu et le Vatican.
Le cas du vatican est interessant car il se rapproche le plus de ce qu'on pourrait mettre en place pour arriver à une régulation saine de l'internet : le vatican incarne un pouvoir spirituel (l'église catholique) en s'appuyant sur un territoire physique. Son territoire autonome lui assure les bases d'un Etat souverain dans le monde physique et une crédibilité supplémentaire dans l'exercice de sa mission spirituelle.
VII.2: Pourquoi Internet a besoin d'un micro etat lui assurant sa neutralité ?
L'idée est de rapprocher les expériences techniques
tel que Freenet peut le proposer avec un modèle social et
politique tels que les micro états ont pu l'illustrer.
Ce
modèle politique assurerait la régulation du réseau
support selon des régles démocratiques et des
institutions à définir.
Ces institutions
devraient s'incarner dans un Etat territorialement défini car
c'est le seul gage réel d'un véritable pouvoir comme
l'expérience du Vatican nous le montre. De plus c'est bien une
juridiction s'exercant sur un territoire qui définit de
maniére sur la présence d'un Etat.
L'entité
politique assurant la base nécessaire législative et
diplomatique au bon fonctionnement du réseau Internet qui ne
sera pas forcement le réseau qu'on connait actuellement : les
chapitres précédents montrent en effet qu'on peut avoir
tout interet à créer ex nihlo un nouveau réseau
basé sur un modèle de grille qui est par définition
moins sujette aux pressions centralisatrices.
Chapitre VIII : les bases du micro état numérique 'NETUTOPIA'

VIII.0 : Pourquoi un Etat ?
L'ensemble des chapitres précédents montre l'absolue
nécessité de sortir des contraintes législatives
nationales pour proposer un réseau vivant sur ses propres
régles et échappant aux emprises etatiques. On ne peut
le faire qu'en prenant comme base un véritable Etat – un
micro Etat – qui garantirait les fondamentaux du réseau
, en particulier sa parfaite neutralité.
Attention ce
qui suit n'est qu'une esquisse qui devra être affinée au
cours d'un débat contradictoire qui peut être long avec
les personnes interessées par ce projet. Un site web support à
cette discussion ouvrira pour permettre d'affiner le modèle et
lui donner une constitance légale plus solide : je n'ai pas
les compétences à priori nécessaire pour
construire un socle constitutionnel cohérent. Ce que je pose,
c'est donc avant tout des idées.
VIII.1 : Etat-Nation ? Nation 'Etat' ? Ou simplement 'Etat' ?
L'idée
de Nation est à évacuer car elle repose sur des
principes qu'on ne pourrait recréer qu'artificiellement au
mépris des éléments constitutifs classiques
d'une nation : la culture, la langue, la réligion et surtout
l'histoire politique et culturelle.
Il faut donc abandonner
l'idée d'un Etat-Nation mais plutôt proposer un modèle
étatique reposant sur une adhésion de principe à
une idée sans que les participants ne soient privés de
la jouissance de leur nationalité d'origine.
La
citoyenneté dans cet Etat ne reposerait donc pas sur une
nationalité définie ; l'Etat 'NET-UTOPIE'
reconnaitrait donc bien une citoyenneté à ses membres
mais pas une nationalité qui resterait celle d'origine de
leurs pays actuel.
L'Etat proposé ne serait donc pas un Etat-Nation mais un Etat qui aurait avant tout comme objectif de bâtir les conditions d'une neutralité du réseau mis en place.
VIII.2 : Les principes du nouvel Etat.
Ce nouvel Etat se créerait sur un territoire
physique et numérique.
Le territoire physique verrait
la domiciliation des éléments vitaux du réseau à
créer: serveurs principaux, équipes de développement
et structures étatiques de l'Etat 'NET-UTOPIE'.
On
entendrait par territoire physique la délimitation
géographique de sa souverainté et par territoire
numérique le fait que toute personne utilisant son réseau
se verrait automatiquement appliquer les lois et les règles
prévalentes dans la NET-UTOPIE.
L'utilisation du
réseau 'NET-UTOPIE' se ferait grâce à un accès
privatif donné de maniére illimitée et se
transmettant par héritage ou octroyé par l'Etat de
NET-UTOPIE. L'accès serait gratuit et garantit comme tel.
L'accès à la NET-UTOPIE se ferait de manière
anonyme ; seul un identifiant unique, donné au moment de
la déclaration de citoyenneté, permettrait
l'identification au sein du réseau. Cet accès privatif
ne serait donné qu'aux citoyens de NET-UTOPIE et à eux
seuls.
Cette identification changerait à chaque
nouvelle connection mais resterait en lien avec la véritable
identité du citoyen de NET-UTOPIE
La relation entre
les identifiants qui ne serait pas liée à l'IP et la
véritable identité du citoyen de NET-UTOPIE seraient
des données confidentielles garanties par l'Etat
de NET-UTOPIE et ne pourraient pas être transmises à un
tiers sans avis favorable du citoyen.
La citoyenneté est octroyée à
toute personne qui en fait la demande et qui peut justifier de son
identité auprés des autorités de NET-UTOPIE.
Elle est prononcée après que le nouveau citoyen ait
juré de respecter la charte fondamentale(à
définir).
En échange NET-UTOPIE lui remet une
série de clés qui seront ses identifiants sur le
nouveau réseau.Ces clés sont uniques et ne peuvent être
renouvelées qu’ à la suite d’une
procédure décrite plus loin.
Une fois sur le
réseau, l'état garantit l'anonymat de ces échanges
– aucune donnée ne sera loguée ou conservée
– et lui garantit le droit à une expression libre et
sans contraintes du moment qu’il respecte les principes
suivants sur lesquels se fonde l'Etat de NET-UTOPIE . Les règles
suivantes sont discutables et non exhaustives, elles constituent un
exemple
– Aucun appel à la violence physique contre un autre groupe de citoyens de NET-UTOPIE.
– Aucun commerce portant sur l'humain.
– Aucune activité techniquement destructrice contre d’ autres citoyens du réseau.
– Le spam est interdit
– La mise en place de technologies visant à restreindre de manière permanente une partie du réseau public est interdite
– Interdiction de toute activité considérée comme contraire aux droits de l'homme, une liste sera mise à jour annuellement.
– Interdiction des situations de monopole technologique.
– Le droit d'auteur 'hors NET-UTOPIE' n'est pas reconnu.
– Interdiction de tout systéme visant à établir des brevets et non reconnaissance des brevets dans l'univers NET-UTOPIE.
– Aucune taxe ne peut être prélevée sur les communications
– Gratuité de l'information : on ne peut vendre qu'un service lié.
– Le droit à la cryptographie
– L'interdiction de posséder des logs au delà d'une période d'une semaine sauf à des fins statistiques.
Ces principes seront consignés dans une
constitution écrite qu'une assemblée constituante devra
mettre en place.
Un citoyen qui ne respecte pas les principes
édictés par cette constitution sera expulsé
à vie du territoire de NET-UTOPIE sans espoir d'y revenir un
jour.
Un citoyen qui intente un procès contre un autre
citoyen de NET-UTOPIE à l'extérieur de NET-UTOPIE sera
exclu à vie de NET-UTOPIE sans espoir d'y revenir.
L'idée
est de batîr une entité territoriale et politique,
support d’un réseau numérique où des lois
s’appliquent à la fois sur ce territoire physique mais
aussi sur ce territoire numérique.
L’ état garantirait la parfaite
neutralité du support et son indépendance par rapport
aux intérêts geopolitiques des uns et des autres. Il
assurerait le développement du support d'une manière
démocratique et transparente tout en défendant au sens
propre ou figuré les bases de cette expression et ce
réseau.
Il serait aussi le garant de la sécurité
des données personnelles échangées à
l'intérieur de ce réseau.
Le nouvel état
ne devra pas être confisqué par les techniciens ou les
scientifiques , les institutions mises en place devront permettre aux
internautes 'non techniciens' de jouer un rôle majeur.
VIII.3 : Les mécanismes de régulation.
Le nouvel Etat aurait besoin des 3 fonctions classiques : l'éxécutif, le législatif et le judiciaire pour réussir sa mission. On lui ajouterait un nouveau pouvoir : le technique.
L'Etat serait donc bâti sur 4 ‘pattes’
: l'éxécutif, le législatif, le judiciaire
et le technique.
Le principe de séparation des 4
pouvoirs est la base politique de l'entité même si le
pouvoir 'technique' aura un statut spécial qui le placera de
fait en position de dépendance par rapport aux trois autres
tout en pouvant exercer un contre pouvoir sous certaines conditions.
Le pouvoir
technique est celui responsable de la mise en oeuvre technique des
décisions prises par les 3 autres pouvoirs ; en ce sens
il représente un véritable pouvoir qu'il est nécessaire
de distinguer de maniére franche même si, on le verra,
il aura une dépendance vis à vis des 3 autres
pouvoirs.
L'exercice démocratique se fera de maniére
représentative en privilégiant les mécanismes
les plus directs et les consultations directes pour les décisions
importantes.
VIII.4
: la cellule démocratique de base et les organes législatifs
et éxécutif : idées de base des institutions.
La
cellule démocratique de base est constitueé d'un
certain nombre d'internautes qui élisent un représentant
de cette cellule démocratique. Ces cellules s'appelleraient
les commissions d'internautes.
Une cellule serait à
priori constituée de 1000 internautes ou plus (à
définir) et chaque cellule posséderait son propre
espace de réflexion (site/forum/chat/tout autre outil) et des
outils nécessaires à la mise en place de votes
sécurisés.
Les
votes se feraient sur la base des identifiants uniquement et à
la majorité qualifiée , même si chaque cellule
est libre d'adopter les règles qu'elle désire du moment
que les décisions sont prises suite à des votes
démocratiques.
Chaque cellule aura la charge de définir son mode de fonctionnement : comment et pour combien de temps elle élit son représentant.
La seule règle est qu'un représentant ne peut l’être qu'une seule fois, il ne peut pas se représenter.
Les représentants des internautes constituent l'assemblée internaute, constituée à priori de plusieurs dizaines de milliers de représentants (voir plus). Ils peuvent se regrouper en partis à partir d'un certain nombre de représentants (à fixer).
L'assemblée internaute élit pour deux
ans un éxécutif composé d'une direction
collégiale d'une cinquantaine de membres (à fixer) ou
plus. Evidemment, les membres de cette direction collégiale
doivent être eux- mêmes des représentants des
internautes. Ce organe de direction s'appelle le collège
des internautes.
Ils sont élus selon les mêmes
conditions que précédemment (pas de ré-élection
possible).
Le collège des internautes peut s'organiser
comme il le souhaite pour assurer les fonctions de direction et
d'organisation de l'Etat.
Le collège des internautes est responsable devant l'assemblée des internautes. Il peut être dissous du moment que 66% des internautes de l'assemblée des internautes votants le décident. Ils peuvent provoquer un vote à tout moment. Le collège des internautes doit suivre les lois en vigueur.
VIII.5
: le pouvoir judiciaire.
Les mêmes
commissions d'internautes élisent aussi pour 5 ans 1 juge par
commission.Ce juge est révocable par personne. La fonction de
juge ne peut pas se cumuler avec celle de représentant et
répondra à une série de critéres à
définir (âge, expérience, ...) pour pouvoir se
présenter. Un juge ne peut pas être ré-élu.
Les juges forment une assemblée indépendante
de l'assemblée internaute qui est la cour de justice
internaute qui élit elle-même un collège des
juges selon le même principe que précédemment
mais pour 5 ans. Le collège des juges a la charge de faire
respecter l'ensemble des lois régissant l'Etat.
Le
collège des juges peut juger n'importe quel citoyen. Le cas
est porté à sa connaissance par l'intermédiaire
d'un membre de la cour de justice. Il peut s'auto-saisir. Les
décisions doivent être exécutées par le
pouvoir éxécutif et/ou technique directement.
Un
juge de la cour de justice ou du collège des juges peut lui
même être jugé par ses pairs ; dans ce cas,
il perd son pouvoir de vote pour toutes les décisions le
concernant.
Il n'existe pas d'impunité.
VIII.6
: le cas du pouvoir technique.
Un des
dangers de voir fonder un Etat sur une utopie technique - un réseau
internet libre mais placé dans des contraintes sociétales
définies en commun – est de voir ce réseau
confisqué par les techniciens de ce même réseau.
La mise en place d'une technocratie est donc un danger qu'il faut à
tout prix éviter.
Il ne faut pas non plus brider le
désir de progrès technique en enfermant l'égo
des techniciens dans un bunker législatif où ils ne
pourront pas s'exprimer. Il convient donc de leur reconnaître
un rôle majeur mais de les encadrer de manière forte
pour que leur technique ne déborde pas comme une religion qui
serait débordée par son dogme.
Les internautes
qui participent directement aux travaux techniques liés au
réseau ne pourront donc pas postuler aux postes de juges
et ne seront pas éligibles au collège des
internautes tant qu'ils exercent une activité en lien
direct avec le réseau.
Par contre, leur qualité leur donne droit
de siéger dans une nouvelle assemblée officielle -
l'assemblée des techniciens - qui élit en son sein un
cercle composé d'un nombre de personnes à définir
- le cercle des techniciens-. Le cercle a la charge de s'organiser
pour mener à bien la conduite technique des projets qui lui
sont confiés par l'éxécutif.
Ce cercle
peut opposer un véto aux décisions du collège
des internautes et a un avis consultatif auprès du collège
des juges. Par contre le cercle est tenu d'exécuter les
directives du collège des juges. Le véto doit être
motivé et confirmé par un vote de l'assemblée
des internautes pour qu'il soit effectif. En attendant la mesure
décidée par le collège des internautes est
suspendu pendant une période à fixer
Le cercle peut proposer des lois à
l'assemblée des internautes qui se prononcent sur ces
dernières à la majorité qualifiée aprés
avis favorable du collège des internautes.
Le cercle
peut aussi demander la saisie du collège des juges.
VIII.7
: Le budget.
Le point le plus épineux
et le moins facile à mettre en oeuvre est bel et bien la levée
d'un budget de fonctionnement.
La taxation des activités commerciales s'y
déroulant peut être un moyen de faire vivre ce réseau
: une sorte de TVA minime (1 ou 2 %) prélévée
sur toutes les ventes de produits ou services s'y faisant.
On
peut y ajouter un don volontaire de la part de ceux qui utilisent le
réseau. En tout cas la problématique budgétaire
serait un élément central : qui le contrôle,
comment et devant qui ? Ce texte n'apportera pas de réponse.
VIII.8
: Phase de migration et de mise en place
Afin
de se diriger vers la création d'un tel Etat, il convient de
mettre en place un plan d'action visant à la réalisation
de cet objectif. En attendant , la communauté formée
autour du projet pourra fonctionner suivant les règles
précisées précédemment et développera
ses propres règles pour aller en direction de notre objectif.
Cette phase de migration pourra prendre support
sur le réseau existant avec la volonté de créer
un second réseau et d'en assurer sa promotion.
Durant
la phase de migration, la fondation ou l'association , support de ce
projet, devra s'inspirer dans son fonctionnement des futurs règles
de l'Etat à mettre en place et se comporter comme si elle
était déjà indépendante et hors des
contigences nationales.
Chapitre IX: Conclusion sur le projet NETUTOPIA
La volonté de construire un nouveau réseau massifié va apparaître comme de plus en plus nécessaire à nombre d'opérateurs internautes et professionnels. Le net de demain ne sera peut être qu'un ensemble de galaxies numériques interconnectées par des passerelles . Le projet NET-UTOPIA s'inscrit dans cette anticipation.
L'idée n'est pas de créer 'le réseau' mais 'un réseau' qui prendra sa place comme d'autres parmi les nouveaux archipels numériques qui peupleront nos années à venir.
Cette utopie est atteignable si on s'en donne les moyens et la méthode . Cet essai ne propose pas de pistes pour les moyens ni pour la méthode mais seulement une base de réflexion qui pourrait servir à ceux qui voudraient se lancer dans l'aventure.
Au delà de ce projet de contrat social autour d'internet reposant sur un territoire paradoxalement, physique , je vais continuer cet essai en essayant d'imaginer à partir d'aujourd'hui ce que sera pour moi l'internet de demain autant au niveau technologique que sociétal ou politique.
Chapitre X :L'Internet de demain : perspectives et projections

Actuellement
des expériences sont en cours sur du très haut débit
symétrique : du 100 Mb/s comparable en fait au réseau
filiaire local tel que nous le connaissons actuellement. Des
expériences vont être menées à Paris en
particulier sur la base de ces vitesses.
Dans l'avenir, les
débits vont continuer à s'envoler ; le
développement des technologies sans fil laissent en
particulier présager pour les urbains des vitesses de
transmissions beaucoup plus élévées dépassant
certainement les 100 Mb/s.
Ces vitesses vont pouvoir amener
une massification des services distribués exploitant le réseau
comme un méta-corps où chaque ordinateur personnel
devient en fait un noeud participant au fonctionnement général
du réseau . Connexion permanente, généralisation
des accès WIFI, très haut débit symétrique
permettent cette mise en place.
La puissance de calcul des
ordinateurs personnels se verra donc au fur et à mesure
mutualiser de manière immédiate simplement en se
connectant et les conditions générales de vente des
F.A.I relayeront certainement ce besoin.
L'invidivu derrière
son ordinateur bénéficiera donc , en plus des
fonctions propres à son ordinateur, de la puissance de
calcul de 'son réseau'. Rapidité du processeur, mémoire
physique et espace de stockage seront donc partagés dans un
continuum entre l'ensemble des noeuds du réseau . Le F.A.I
permettra cette interconnexion et l'accès aux autres réseaux
via les mêmes systèmes de peering existant actuellement.
Le peering est un terme qui désigne les procédures d'échanges de flux entre les divers opérateurs . Ils se regroupent généralement autour de 'centrales de peering' où ils négocient en fait le trafic sortant et entrant dans leur réseau avec les autres prestataires . En se connectant à votre F.A.I vous vous connectez généralement à son réseau personnel qu'il interconnecte avec l'ensemble des autres réseaux des autres F.A.I ; le peering n’est alors qu'un gigantesque marché d'échanges de flux electroniques.
Actuellement nous avons les prémices
logiciels - projet SETI, projet GRID, systéme P2P..;- .de 'ce
grand espace logique' mais nos systémes d'exploitation ne sont
pas encore conçus pour ne penser 'que comme ça'.
L'autre
conséquence pourrait aussi être à terme la mise à
disposition de simples consoles sans disque dur, voir sans
processeur, permettant un accès simplifié et rapide au
réseau avec les mêmes fonctionnalités que les
ordinateurs actuels.
Ces 'consoles d'accès' pourraient être
payantes alors que la connexion simple à internet via un
ordinateur personnel deviendra à terme gratuite car vous
participez de fait au maintien de ce réseau et à son
entretien . Les coûts de maintenance du réseau classique
seraient donc partagés par les centaines de millions , voir
milliards, d'ordinateurs l'utilisant ; ils deviendraient donc
résiduels.
L'accés totalement gratuit au réseau
mondial serait donc bien à terme une réalité .
On vendrait des services associés et non plus le moyen de
communication.
Les technologies WIFI vont aussi se développer
apportant toujours plus de portée et de puissance, laissant
ainsi présager la mise en place de multitudes de réseaux
spontanés et éphémères que
j'appellerai 'intrapersonnels'.
Deux grands types de réseaux intrapersonnels pourraient apparaître :
– réseau à composante géographique : dans un immeuble, un quartier, une ville, une région...
– réseau à composante sociétale : par centre d'intérêt, par famille, ....
Nos systémes d'exploitation à venir permettront une mise en place aisée de ces réseaux 'intrapersonnels'. Ils seront plus ou moins éphémères et auront surtout comme particularité d'être interconnectés et volatils. Ils pourront bénéficier des mêmes caractéristiques que les réseaux précédemment décrits : distribution du calcul, des espaces de stockage etc……..
Ils auront par contre une composante
supplémentaire : la possibilité de se passer
complètement d'un fournisseur d'accès à internet
dans le sens où, suivant la taille de ces réseaux, ils
seraient 'eux aussi' des 'internets'.
Un simple particulier
pourrait alors devenir un fournisseur d'accès à part
entière.
Evidemment , les entreprises se
jetteraient dans la course à la mise en place de réseaux
'concurrents' offrant comme AOL des services variés. On ne se
connecterait non plus au site d'une entreprise mais à son
réseau et à ceux qui le composent.
Au passage, c'est déjà un peu le cas . Beaucoup de sites d'entreprises sont en fait le lien entre 'internet' (vous) et leur réseau privé.
La multiplication des possibilités de créer facilement 'du réseau' rend les possibilités infinies à ce niveau.
Au fur et à mesure des développements technologiques - WIFI massifié, Haut débit massifié- le nouvel ordre technologique va faire voler en éclat beaucoup de cadres législatifs :
X.1: La notion de propriété intellectuelle ou de
droit d'auteur n'existera plus.
Impossible de parler de manière correcte de droits d'auteur quand on ne peut plus les faire respecter. Copier une oeuvre numérisée prendra quelques secondes et la distribuer à des millions de personnes pas plus. Tout ce qui sera numérisé sera gratuit , le modèle de base posera cet axiome pour permettre un développement rapide. On vendra donc des accès priviligiés sur des niches particulières mais il faut abandonner l'idée d'une paternité intellectuelle sur les productions numériques autre que celles que le public pourra accorder. Seuls des mécanismes volontaires de rétribution des auteurs pourront être durablement installés. Tout autre volonté d'enfermer, de taxer ou de contraindre se verra automatiquement débordée par la technologie. Le nouvel ordre numérique ne supportera pas la contrainte non consentie , le public créera ses dépendances.
X.2 : Explosion de la cybercriminalité, raidissement politique, nucléarisation des fonctions de police.
Le
nouvel ordre numérique se mettra en place comme une nouvelle
frontière où les états traditionnels auront de
plus en plus de mal à y faire respecter leurs lois. En ce
sens, on peut dire que pendant la phase de mûrissement de ce
nouvel ordre numérique, la cybercriminalité risque
d'exploser car aucune institution ne peut s'y opposer actuellement
durablement.
On peut même parier que certains états
parieront sur les retombées économiques de cette
cybercriminalité à defaut de vouloir la contrôler
ou l'enrayer.
D'autres se raidiront, transformant leurs
réseaux nationaux en forteresses de papier où 90% de la
population aura un accès contrôlé et 10% un accès
non contrôlé.
Cette incertitude sécuritaire pourrait amener
à renforcer la création des réseaux
intrapersonnels. Il y aurait donc de fait une libanisation de
l'internet tel qu'on le connait actuellement. Il ne serait plus un
seul espace apparemment ouvert mais une succession d'écluses
numériques où des procédures de filtrage naturel
seraient mises en place :
La fonction de police retomberait
donc sur les invididus eux- mêmes qui, en intégrant des
mécanismes d'auto-gestion dans leurs propres réseaux
intrapersonnels , finiraient par exclure les éléments
les plus nocifs du réseau.
Ces exclus rejoindraient certainement 'des no men's land numériques' où aucune loi n'aurait véritablement d’effets.
La nécessité de créer des
structures politiques englobant le réseau dans son ensemble
devrait donc amener à des rapprochements internationaux,
continentaux et mondiaux, avec comme conséquence la volonté
de bâtir un véritable ordre politique
mondial.
L'évolution d'internet sur le plan mondial
devrait donc à terme amener à penser un ordre
politique mondial plus abouti que celui que nous connaissons
maintenant . Cela serait en tout cas la seule réponse
intelligente à une libanisation à venir de l'internet
mondial.
X.3 : Plus de libertés mais plus de lois liberticides.
Au
fur et à mesure que la technologie garantira une liberté
accrue à ses acteurs de base que sont les internautes, les
politiques auront une tendance fâcheuse à vouloir en
contrebalancer les effets qu'ils jugent néfastes pour
l'équilibre social 'national'.
En effet, toute nouvelle
faculté pour l'individu de s'extraire facilement des lois
qu'il est censé appliquer ou respecter crée de fait une
source d'instabilité pour le pouvoir central 'national'.
Il
se peut donc qu'une série de lois privilégiant les
grands acteurs centralisateurs (producteurs de contenu, industries du
transport numérique) voient le jour pour forcer à une
certaine régulation 'par le haut' contre les 'acteurs du bas'.
Ces lois pourront prendre la forme d'une tentative d'asphyxie en limitant volontairement les débits ou en limitant l'usage en particulier pour le WIFI.
Elles pourront aussi exiger des clés
personnelles d'identification sur le réseau . On peut ainsi
imaginer à l'avenir que sur votre carte d'identité ou
son équivalent numérique soit aussi présentes
des données liées à votre environnement
technologique (numéro de série de la carte
réseau, du WIFI...).
Quand on y pense, c'est déjà le
cas avec les voitures et les plaques d'immatriculation qui affichent
au final votre identité à chaque policier qui passe à
porter de jumelles.
La seule conséquence de ces
raidissements législatifs sera une volonté plus
grande de créer des réseaux alternatifs intrapersonnels
échappant ainsi aux législations qui régissent
la communication publique.
Certains pays iront peut être
encore plus loin en interdisant simplement la mise à
disposition de postes 'non contrôlés' pour les
particuliers....ou alors en donnant à de grandes entreprises
le contrôle distant des postes utilisés pour la
connection au réseau.
Les systèmes Microsoft
avec la délégation des certifications et de la sécurité
à un tiers sont d'ailleurs un parfait mécanisme de
contrôle s'ils se massifient . Les systémes libres
trouvent ici, que l'on soit ou pas utilisateur de Linux, un argument
de poids en faveur de la nécessité de favoriser
leur développement. Ils rendent en effet impossible la mise en
place de systèmes centralisateurs cachés du moment où
l'ensemble des briques sont 'libres'.(je parle en particulier du
microprocesseur !) même si le fanatisme autour du libre
amène aussi à des excès (voir le chapitre
consacré).
X.4 : Little Brother ou Big Brother ?
Tout
contrôler, tout réduire à de simples artifices
aux yeux des nouveaux adeptes de la religion technologique ?
Est-
ce que Big Brother nous menace ? On pourrait être tenté
de répondre 'oui' mais en y regardant de plus près, il
y a plus d'arguments qui tendent à démontrer que, au
contraire, il y a une vraie perte de pouvoir pour les organismes
d’état et que l 'individu est de plus en plus maître
de sa destinée numérique.
Une civilisation entièrement sous le contrôle d'ordinateurs centraux centralisant toutes nos informations personnelles numériques (déplacement, dépenses, activités...) apparaît comme faisable au niveau technologique mais est-ce vraiment le cas ?
Il y a une vraie guerre actuellement entre les
tenants d'une forme de 'techno-faschisme' illustré par
certaines volontés politiques et des associations pour la
préservation des libertés invididuelles mais les
premiers ont déjà perdu de fait . L'ennemi du
contrôle de l'information est l'information elle-même qui
est pluri-média, massive et iconoclaste.
Elle est
à l'image d'un gaz qu'on ne pourrait jamais réussir à
enfermer complètement.
L'information à venir
sera plus qu’abondante . Toute notre vie sociale sera
'information' et cela en des milliers de langues déjà
connues ou à venir , le réseau créant aussi à
la fois ses propres langages (de programmation ou autre) et ses
propres codes.
Vouloir tout enregistrer n'est pas forcément possible mais il sera impossible de traiter sans une vraie percée dans le domaine de l'intelligence artificielle , percée qu'on attend toujours. Les systèmes informatiques ne comprennent pas l'information , ils ne savent que la classer. Les modèles de traitement buteront toujours sur de nouvelles formes de communication inconnue. Inventer n'est pas encore possible pour des machines.
Seule une société strictement
totalitaire pourrait y trouver un interêt politique en
mobilisant une partie de sa population dans le contrôle
des communications de l'autre partie de cette population.
Une
société qui resterait démocratique n'aurait pas
ou peu d'interêt à ce contrôle total et
coûteux.
En cela les grandes multinationales n'ont pas
forcément intérêt non plus à jouer ce jeu
qui finirait aussi par leur être défavorable.
En attendant des tentatives pour aller vers une plus
grande 'prévisibilité des foules et/ou des individus'
seront lancées, c'est une certitude, mais elles seront
rapidement abandonnées devant l'impossibilité d'un
traitement intelligent du signal et surtout devant le faible
retour sur investissement de ces mécanismes automatiques.
En
attendant , la présence d'organismes ou d'associations qui
auront, avant tout, comme finalité d'informer le public des
volontés totalitaires de certains groupes d'intérêt
est une nécessité.Ce devoir d'éveiller la
conscience 'technologique' est un élement vital pour les
sociétés numériques en devenir car les premiers
garants des libertés du réseau seront ses acteurs
basiques.
Par contre ces associations ne doivent pas tomber
dans une 'technophobie déguisée' qui finirait par
desservir leurs propres combats.
X.5 : Brevets logiciels, DRMs, les faux débats...
Cette technophobie déguisée est à l'oeuvre chez certaines associations qui prennent le contre coup des derniers assauts liberticides législatifs pour avancer plusieurs idées :
– Les brevets logiciels sont inadmissibles
– Les DRMs sont des monstres technologiques.
Les arguments contre les brevets logiciels et contre les DRMs sont légions et valables , ce n'est pas le problème.
Le problème est de diaboliser des technologies – dans le cas des DRMs – ou de nier l'évidence – dans le cas des brevets logiciels – à savoir qu'ils existent déjà.
La notion de brevet technologique est complétement
liée à la notion de progrès technique du moment
qu’elle ne l'empêche pas en mettant en place une
'confiscation légale' des connaissances techniques. Les
offices chargés de distribuer ce type de brevet ont donc aussi
comme mission d'y veiller.
On peut douter de leur
impartialité car ils sont soumis aux mêmes contraintes
financières que bon nombre d'institutions mais c'est
théoriquement leur rôle.
Le problème ne consiste pas pour moi dans
l'existence de brevets logiciels ou même dans leur autorisation
ou non, mais plutôt dans leurs conditions de mise en place.
En assurant une certaine attractivité aux brevets
logiciels tout en leur donnant une période d'exploitation
relativement courte – 5 ans par exemple – on pourrait
tout à fait répondre à 2 exigences
contemporaines : un retour sur investissement pour la recherche et
une participation à la connaissance scientifique globale en
laissant passer dans le domaine public toute invention logicielle
aprés 5 ans tout en veillant à ce que les brevets
ne touchent pas des éléments communs mais des
algorithmes d'une certaine complexité qui possèdent des
éléments véritablement originaux.
Pour les DRMs, il ne faut pas les interdire mais
leur donner un cadre légal interdisant l'enfermement de
l'internaute dans des mécaniques économiques qui
lui sont objectivement défavorables .En gros, il faut
permettre les DRMs à des fins statistiques ou de
paiements librement consentis par l'utilisateur , ce qui signifie
aussi une information claire en amont.Il faut leur permettre
d'exister avec une obligation d'information de la part du vendeur par
rapport à son client.
Tout mécanisme
technologique est tolérable du moment qu’il n'est pas
mis en place à l'insu de son utilisateur.
X.6 : L'open source devient plus attractif et le modèle central de la programmation de demain
A terme, le modèle open source qui touche actuellement les technologies issues du monde Linux : PHP, PERL, Python....risque de s'imposer comme le modèle par excellence car il comporte en lui les fondamentaux des valeurs de l'internet : coopération, diffusion de la connaissance et transparence qui sont les 3 mamelles du développement de l'internet moderne.
L'accès au code source deviendra peu à
peu une exigence pour les contrats avec les administrations qui
souhaitent contrôler le code qui tourne chez elles et les
entreprises s'habitueront de plus en plus à contrôler
les algorithmes mis en place dans le cadre des projets qu'elles
commandent.
D'un point de vue de la gestion du systéme
d'information, l'open source est une brique fondamentale car il rend
le demandeur beaucoup moins dépendant du prestataire et assure
une évolutivité élévée au produit.
Il stimule de ce fait la concurrence et permet une scalabilité
( ??????,,,,) plus grande aux applications.
Les
technologies 'boites noires' ne remplissent pas généralement
les derniers critères évoqués et sont parfois
faites avant tout pour créer des rentes de situation pour les
entreprises qui les vendent , les prix des prestations devenant peu à
peu complètement incohérents ou dépassés
mais se justifiant seulement car l'entreprise X ou Y est la seule à
être experte de ce système dans la région ou le
pays.
Un bémol sur l'open source concerne la recherche
en informatique qui, pour des raisons évidentes de retour sur
investissement, aurait du mal à se passer d'une éventuelle
protection lors de la commercialisation d'une nouvelle application.
Le modèle open source s'imposera donc certainement sur les
applications de gestions classiques où rien ou pas grand chose
n'est ré-inventé mais les boites noires resteront un
outil à disposition de certains industriels dans des domaines
plus sensibles.
Il ne faut pas en tout cas que des
législations viennent obliger des acteurs informatiques à
adopter tel ou tel systéme . Ce sont au final les utilisateurs
qui décideront loin des grandes théories sur les
avantages des uns et des autres.
X.7 : Linux et Windows : la guerre des mondes
Windows et le Libre participent finalement à
la même volonté , celle de massifier l'informatique
comme un fait social pour en faire un pivot essentiel du monde
contemporain.
On prête à Windows l'idée
d'en faire une source de monopole avant tout commercial et ‘aux
Linuxs' de mettre en oeuvre avant tout une philosophie plus qu'un
moyen technique comme un autre.
Linux devient peu à peu
synonyme de désintéressement, d'une course pour la
connaissance 'pour la connaissance' alors que Windows se bunkérise
de plus en plus dans son rôle de fantassin d'un certain
impérialisme américain aux yeux de ses
détracteurs.
Qu'en est-t-il exactement ?
Un fait
est que c'est bien Windows qui a démocratisé
l'informatique en la rendant de plus en plus accessible à tout
le monde . N’'importe qui à peu près est capable
de se servir de manière presque intituive d'un windows XP.
Certains esprits chagrins diront que c'est l'habitude qui crée
cette impression et que c'est bien le fruit de 10 ans de marketing
forcené qui produit cet accès apparemment facile alors
que le public a été « éduqué
en ce sens ».
D'autres diront que tout a été
« piqué » à Apple et que Windows
n'a rien inventé.
Peut être....le fait est que
Windows est maintenant la référence 'du plug and play'
et a amené les distributeurs du libre avec des distributions
comme les Mandriva à imiter Windows dans sa couche IHM(
Interface Homme – Machine) pour pouvoir conquérir les
postes clients 'end user'.
Les 2 systèmes trouvent leurs atouts dans ce
qui constitue le maillon faible de l'autre système.
Linux
est basé sur la simplicité et la robustesse du code mis
en place . Tous les éléments sont dissociables et
configurables de manière apparemment simple , ce qui oblige,
au final, à un souci du détail . Ce souci de détail
n'est pas présent avec Windows qui cache ses composants
derrière une succession de couches logicielles qui orientent
l'utilisateur à faire ce que Microsoft a prévu de faire
ou de penser.
Microsoft 'guide' quand Linux invite à apprendre.
L'objectif de Microsoft est de faire oublier la technique alors que Linux se régale dans son exhibitionnisme technique (il n'y a qu'a voir les docs !) est a comme objectif essentiel de former un utilisateur qui adhérera à ses principes de base.
C'est ce qui peut amener à donner à
Linux un goût élitiste pour certains, même si les
dernières distributions grand public sont aussi accessibles
que les Windows XP.
On adhère à Microsoft pour son
aspect pratique , ce qui est très volatil et purement
consumériste , alors que Linux invite à un
investissement affectif plus fort qui rend finalement ses
utilisateurs beaucoup plus liés au modèle.
L'autre inconvénient de Microsoft est son prix.qui, de part sa complexité de plus en plus grande, est de plus en plus dissuassif avec moins en moins de possibilité de pirater. En effet, Microsoft a pu s'imposer car il était piratable et que cet aspect faisait qu'il était en concurrence direct avec les modèles Linux beaucoup moins ‘plug and play ‘à l'époque.
Le succès d'un parc de machines de 90%
composé de Windows provient avant tout du fait de sa
progression et que pendant plusieurs années , il était
possible de le copier.
C'est moins vrai dans nos pays
occidentaux où Windows est souvent vendu de base avec les
ordinateurs – autre raison de son quasi monopole – mais
totalement vérifié et vérifiable dans tous les
autres pays où il était impensable de payer 150$ pour
avoir un logiciel.
Un Windows 'non piratable' tel qu'il paraît être dans ses dernières versions n'est plus un Windows qui peut concurrencer sur la longueur les systèmes libres.
Microsoft devra changer sa formule et amener à
diversifier beaucoup plus sa gamme en faisant baisser ses prix de
manière importante car 'la vague Linux' n'est plus très
loin et risque dans les années à venir d'inverser la
tendance sur les postes clients.
Il manque en fait 'aux Linux'
les jeux vidéos massifiés qui les feraient entrer dans
l'ère 'familiale' . Si jamais un éditeur de jeu
vidéo s'allie avec avec un distributeur open source Linux et
un constructeur d'ordinateurs pour produire, par exemple, des séries
de jeux massivement online, Linux risque de basculer définitivement
dans le grand public et Microsoft risque de devoir être obligé
d'imiter Linux., sous peine de perdre son leadership.
Du côté serveur, Microsoft n'a jamais su faire 'simple' et 'plaire' aux informaticiens car ses solutions sont, pour ceux qui ont été formés au Linux, loin d'égaler les performances des systémes libres pour un ensemble de raisons économiques et techniques . Dans ce domaine, les solutions libres ont toujours et auront toujours une longueur d'avance.
Il est rarement possible pour un ingénieur habitué à manier du Linux de basculer en full windows car les solutions ne sont pas confortables . C'est en grande partie dû à l'impossibilité d'adapter les outils à l'exploitation qu'on veut en faire , à l'impossibilité de « bidouiller » sans avoir un niveau technique beaucoup plus élévé que pour une manipulation similaire sous Linux.
Quand Linux propose du sur-mesure , Windows propose du modèle en série plus cher...
En conclusion l'avenir et aux distributions Linux si des acteurs industriels majeurs parient sur son succès en employant dans une certaine mesure le marketing agressif de Windows.
Est ce qu'on gardera alors l'esprit initial du mouvement libre ? Je ne sais pas....
X.8 :Tuez le piratage et vous tuerez l'informatique...
Avec Windows, nous avons
pu aborder ce qui semble constituer une menace : le piratage. Terme
générique qui regroupe à peu prés
n'importe quoi, il convient d'en faire une dichotomie la plus précise
possible.
Il n'existe pas de 'piratage' mais un ensemble de
pratiques sanctionnées qu'on regroupe sous ce label mais qui
n'ont rien avoir entre elles :
a :la
copie,l'utilisation et la mise à disposition de logiciels
protégés par des particuliers.
b :la copie, l'utilisation et la mise à disposition d'oeuvres numériques protégés par des particuliers (musique, vidéo)
c :La vente de
logiciels protégés ou oeuvres numériques
dont on n'a pas les droits par des particuliers et/ou entreprises
à des fins commerciales
d : L'intrusion dans des systémes informatiques par des particuliers et/ou entreprises à des fins pécuniaires ou non et en général toute volonté de détruire.
Les 2 (a et b) premiers cas ne sont pas du 'piratage' mais une utilisation détournée des technologies largement apppuyées par une industrie qui profite de ce détournement : graveurs, cds vierges, logiciels de copie...
De plus ces éléments participent à une diffusion du savoir informatique et par la même augmente les marchés potentiels : la majorité des gens sur la planéte n'ont pas les moyens de passer une partie de leur budget dans des licences mais ils peuvent s'éduquer à l'informatique et ainsi devenir peu ou prou des futurs utilisateurs potentiels 'payants' cette fois ci.
Dans tout les cas une
personne qui pirate un logiciel professionnel ne l'aurait jamais
achété : en cela il n'y pas de pertes pour l'industriel
considéré et même un gain au niveau
macro-économique car des ressources sont ainsi formées
'gratuitement' pour les SSII du secteur.
Combien de designer
ou de graphistes en France ont-t-il acheté Photoshop ?
Je ne pourrai pas
répondre à cette question mais en 5 ans de vie
professionnelle je n'en ai croisé aucun qui avait les
licences....et j'ai croisé un très grand nombre de
graphistes. Ce que je dis des designers je peux le répéter
avec les programmeurs et leurs FrameWorks.
N'importe quel
professionnel du secteur des services informatiques concluera
facilement qu'à son niveau le piratage décliné
en version a et b est plutôt un facteur positif pour
l'informatique en général et l'internet en particulier
: il sert une diffusion généralisée des savoirs
informatiques et participe de fait au moteur 'économique' de
l'internet.
Dans les pays émergents la remarque est
encore plus vrai : il serait impossible de trouver le moindre
programmeur en technologie propriétaire si les régles
de la propriété intellectuelle y était
respecté.
Vouloir l'éradiquer serait donc une
erreur monumentale qui se retournerait contre l'industrie du secteur
et au final ne profiterait à personne.
Vouloir le contrôler est plus légitime mais il faut le faire avec modération et souplesse.
Les pratiques c et d sont, elles, à ranger comme des pratiques néfastes pour le secteur et les utilisateurs et sont à combattre durement.
Conclusion
L'Utopie sur Internet est
possible : vouloir créer un nouveau monde 'réel' basé
sur les technologies du réseau pour construire un modèle
social renouvelé semble être à porter de mains de
certaines sociétés : le projet NETUTOPIA s'inscrit dans
cette démarche utopique.
Il est certain qu' Internet
bouleversera encore plus les rapports entre les invididus et les
nations dans les années qui viennent en détruisant
complétement les barriéres de temps et d'espace :
téléchargement instantané, streaming
généralisé, multiplication des communautés
virtuelles puis réelles transcendant les
Etats-Nations.
Cette révolution silencieuse est
sociale, politique et culturelle.
C'est une révolution
globale et massive qui touche chacun de nous en ce qu'il a de plus
cher et intime.
Elle crée, au
final, peu à peu un nouvel être humain assoifé
d'ouverture, d'instantaneité et d'échanges créant
un socle commun à tout les internautes quelque soit leurs
races ou religions.
Elle crée un homme nouveau qui
concentre comme jamais dans l'histoire le pouvoir de s'adresser à
tout les autres hommes sans aucun intermédiaire
censeur.
Internet crée un individu surpuissant et
'sur-responsable'.
Internet transforme l'humanité en créant l'espoir d'une route meilleure pour les générations à venir car il parie sur ce qu'il y a de meilleur en l'homme pour assurer sa croissance - sa capacité à partager ses émotions -.
Accompagnons cette volonté collective et spontanée en proposant des modéles transitoires qui permettent à chacun d'éviter les démarches de mutation sociale trop douloureuses
1http://fr.wikipedia.org/wiki/Cyclades_(r%C3%A9seau)
2http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Pouzin
3http://unpan1.un.org/intradoc/groups/public/documents/UNTC/UNPAN015092.pdf
4http://fplanque.net/Articles/Internet/internetRueeVersLOrDigital.html
5http://www.journaldunet.com/0005/000523onetel.shtml
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7http://www.ciao.fr/Worldonline_Forfait__Avis_8010
8http://www.01net.com/article/127457.html
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11http://en.wikipedia.org/wiki/IXP#Europe
12http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=9028
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15http://fr.wikipedia.org/wiki/Ligue_Odebi
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17http://fr.wikipedia.org/wiki/Dadvsi
18http://www.01net.com/article/280144.html
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21http://www.savetheinternet.com/=faq
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25http://freenetproject.org/index.php?page=faq
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27http://fr.wikipedia.org/wiki/Scant%C3%A9noisie-Helvetia
28http://www.sealandgov.org/
29http://www.expertshopper.com/product.asp?pid=2091
30http://en.wikipedia.org/wiki/Cocos_(Keeling)_Islands
31http://en.wikipedia.org/wiki/Sarawak
32http://en.wikipedia.org/wiki/Long_Republic
33http://en.wikipedia.org/wiki/Araucania_and_Patagonia
34http://en.wikipedia.org/wiki/Kingdom_of_Sedang
35http://en.wikipedia.org/wiki/Republic_of_Rose_Island
36http://en.wikipedia.org/wiki/Republic_of_Minerva
37http://www.minervanet.org/
38http://fr.wikipedia.org/wiki/Territoire_libre_de_Trieste
39http://fr.wikipedia.org/wiki/Moresnet